L'Institut d'études ismaéliennes (IIS) a accueilli cette semaine, au Centre Aga Khan, d'éminents spécialistes du judaïsme, du christianisme et de l'islam des origines. La conférence de deux jours intitulée "Avant 'la quête du bonheur' : l’épanouissement émotionnel dans les débuts du judaïsme, du christianisme et de l’islam" s’est déroulée les mardi 7 et mercredi 8 juillet 2026.
La conférence est organisée conjointement par la Dre Karen Bauer, professeure associée en ɳٳܻå±ð²õ Coraniques, la , de l’ et le de l'. La a organisé cet événement en partenariat avec l'IIS, avec le soutien du .
Avant la quête du bonheur
Le bonheur et le bien-être sont des sujets très en vogue aujourd'hui. Leur histoire reste toutefois bien moins étudiée et comprise. Dans le monde anglophone, le concept de bonheur est aujourd'hui généralement considéré à la fois comme un sentiment positif et comme une valeur positive — quelque chose qu'il faut activement rechercher. Pourtant, cette association est le fruit d'un hasard historique.
La signification et le statut moral du bonheur font depuis longtemps l'objet de débats. Les premiers penseurs religieux se sont penchés sur la relation entre la vertu, c'est-à -dire l'état d'être bon, et le plaisir, c'est-à -dire le sentiment de bonté. Malgré l'intérêt croissant des chercheurs pour l'histoire du bonheur, les études comparatives sur les idéaux émotionnels dans les différentes traditions religieuses demeurent étonnamment rares. La conférence a abordé directement cette question. Des spécialistes de la pensée juive, chrétienne et islamique des origines ont étudié ce que signifiait l'épanouissement avant que l'idéal de la quête du bonheur ne s'impose dans la culture occidentale
Thèmes abordés lors de la conférence
Les participants ont examiné comment les idéaux relatifs à l'épanouissement émotionnel ont évolué au fil du temps au sein de chaque tradition. Ils ont également étudié comment ces éléments se recoupaient et s'influençaient mutuellement au sein des différentes communautés religieuses, ainsi que les fonctions sociales et morales qu'ils remplissaient. Parmi les thèmes abordés figuraient la vertu, l'éthique et la bonne vie ; le rôle des émotions dans le développement moral et spirituel ; ainsi que les conceptions religieuses du plaisir, du désir, de la joie et de l'épanouissement.
Les intervenants ont également examiné en quoi ces perspectives historiques éclairent les débats actuels sur le bonheur, l'épanouissement et la condition humaine. Cette conférence a ainsi apporté une contribution majeure à l'étude interdisciplinaire du bien-être humains, mettant en lumière une histoire intellectuelle riche mais peu étudiée.
°ä´Ç²Ô´Úé°ù±ð²Ô³¦±ð d'ouverture et intervenants
Le discours d'ouverture a été prononcé par le , éminent historien spécialiste de la notion de bonheur. Le programme, plus vaste, comprenait des présentations de travaux de recherche et des tables rondes animées par des chercheurs issus d'institutions d'Amérique du Nord, d'Europe, d'Asie occidentale et d'Asie orientale.
Parmi les contributeurs figuraient Andrew Crislip, David Lambert, Erez DeGolan, Eyad AbuAli, Julia Bray, Han Hsien Liew, Hava Tirosh-Samuelson, Katherine Hockey, Katharina Heyden, Kylie Crabbe, Nancy Khalek et Sara Kipfer, aux côtés des trois organisateurs. Ces chercheurs interviennent dans des disciplines telles que les sciences religieuses, l'histoire, la théologie et la philosophie.
À propos des organisateurs
Les recherches de la Dre Karen Bauer portent sur le Coran et l'histoire de sa réception, la place des femmes et la question du genre dans le Coran et la pensée islamique, ainsi que l'histoire des émotions. Parmi ses publications, on peut citer Women, Households, and the Hereafter in the Qur’an: A Patronage of Piety [Les femmes, les foyers et l'au-delà dans le Coran : un modèle de piété] (Oxford University Press, 2023, en collaboration avec Feras Hamza) et (Cambridge University Press, 2015).
est professeure agrégée d'hébreu ancien et d'histoire des émotions à l'. Ses recherches portent sur les émotions et l'histoire du moi dans la littérature juive de l'Antiquité tardive. Son ouvrage intitulé [Les débuts de la compassion : émotion et imagination dans le judaïsme hellénistique] (Cambridge University Press, 2017) constitue une contribution majeure dans ce domaine.
est maître de conférences en histoire de l'Église à l' à Séoul. Ses recherches portent sur des données archéologiques et des sources textuelles en grec, en syriaque et en copte sur l'histoire sociale du christianisme primitif en Asie occidentale. Son premier ouvrage, [La crainte de Dieu : la pratique des émotions dans le monachisme de l'Antiquité tardive], a été publié par les Presses de l'Université de Californie en 2025.